RÉSIDENCE D’ARTISTE DANS LES ARCHIVES : DELPHINE MELLIÈS
Résidence d’artiste aux archives sonores Oralitat de Gasconha

Oralitat de Gasconha (Eth Ostau Comengés)
Gascogne
France
Juin – décembre 2026

Il s’agit d’une initiative d’Eth Ostau Comengés dans le cadre du projet « Creative Europe Tramontana IV ».

De juin à décembre 2026, l’artiste plasticienne et performeuse Delphine Melliès est en résidence à Oralitat de Gasconha, les archives sonores gérées par Eth Ostau Comengés, dans le cadre de l’appel Artist Residencies at Digital Archives du Réseau Tramontana.

Porté par les voix des archives, son projet explore la langue occitane, la mémoire des montagnes pyrénéennes et la manière dont la parole vit dans le corps et le geste. Par une écoute attentive, elle recueille des récits de vie, des contes et des histoires en dialectes occitans et gascons, qui racontent la vie quotidienne des montagnes, les paysages façonnés par les pratiques agricoles et pastorales, les estives et les chemins parcourus par les communautés et leurs troupeaux, les veillées et les savoir-faire transmis de génération en génération.

L’approche ne vise pas une restitution documentaire des archives, mais une réécriture poétique et incarnée, où les voix archivées entrent en résonance avec la mémoire que l’artiste garde de la langue occitane. Les récits seront inscrits à la main sur des plaques de métal, par un geste lent et répété : la résistance du matériau ralentit le corps et fait de l’écriture une forme d’écoute, et chaque plaque devient un objet-trace qui porte à la fois les mots et les marques de la main qui les a réécrits.

En parallèle, elle développera une série de performances de lectures répétées, où les récits sont dits, redits et déplacés. La répétition de la voix et du geste crée volontairement un décalage avec les récits originaux, fait apparaître les variations, les oublis et les glissements propres à toute transmission orale, et révèle une langue en mouvement plutôt qu’un texte figé.

Née en 1993, Delphine Melliès vit et travaille entre Paris, Pantin, la haute Corrèze et les Pyrénées. Artiste plasticienne et performeuse, elle développe une pratique fondée sur une poétique de la mémoire, attentive aux mémoires rurales et pastorales, aux savoir-faire et aux gestes ordinaires du quotidien. Sa recherche est profondément liée au territoire de son enfance, l’Ariège et les Pyrénées. Elle a étudié la photographie à l’École de Condé et obtenu un diplôme d’histoire de l’art à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2018 ; elle est membre des collectifs Turbo! (Pantin) et Embrayage (Paris).

En 2022, elle a présenté la performance « Transhumance » au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, lors de la Fête de l’Ours, et son travail a depuis été montré aux Sheds, centre d’art contemporain de Pantin, aux Arches Citoyennes et à la Galerie Houg à Paris. Elle a été en résidence à La Maison (Salon-la-Tour), aux Sheds et aux Arches Citoyennes, et ses photographies brodées figurent dans l’ouvrage de Michel Poivert « Contre-culture dans la photographie contemporaine » (Textuel, 2022).