RÉSIDENCE D’ARTISTE DANS LES ARCHIVES : ANA CARUCCI
Résidence virtuelle dans les archives numériques Tramontana
Binaural Nodar Digital Archive, Abruzzo Digital Archive, Soinumapa, Oralitat de Gasconha
Portugal, Italie, Espagne, France
Juin – décembre 2026
Il s’agit d’une initiative de Binaural Nodar dans le cadre du projet « Creative Europe Tramontana IV ».
Archéologies du contact – Édition n° 1 : Traverser les eaux
Pièce sonore à la narration poétique d’Ana Carucci
De juin à décembre 2026, l’artiste Ana Carucci est en résidence au sein du Réseau Tramontana, accueillie par Binaural Nodar, dans le cadre de l’appel Artist Residencies at Digital Archives. Son projet puise dans les matériaux sonores et textuels des quatre archives numériques de l’appel : le Binaural Nodar Digital Archive (Binaural Nodar, Portugal), l’Abruzzo Digital Archive (Bambun APS, Italie), Soinumapa (Audiolab, Pays basque) et Oralitat de Gasconha (Eth Ostau Comengés, Gascogne, France).
« Archéologies du contact » est conçu comme la première édition d’une série consacrée aux rencontres avec les archives et aux liens entre les espèces. Cette première édition, « Traverser les eaux », explore la manière dont différentes communautés perçoivent, nomment, habitent et consignent leur relation à l’eau et à la vie qui se déploie autour d’elle, à travers le temps et dans des contextes différents. Dans les archives apparaissent diverses façons de nommer l’environnement et de s’y rapporter, qui révèlent des relations plus ou moins poreuses entre les humains, les paysages et les autres espèces.
Par l’écoute, la lecture et la sélection, l’artiste travaille sur des fragments minimes, des gestes, des scènes et des descriptions qui portent une mémoire sensorielle de ces relations, en abordant l’archive comme un espace où coexistent différentes manières de comprendre le monde. À partir de cette sélection, elle développera une série de courts fragments, proches du poème sonore, réunissant des matériaux de temps et de lieux différents et, éventuellement, des enregistrements de terrain contemporains. Plutôt que de suivre un ordre linéaire, ces fragments se superposeront et s’influenceront mutuellement, créant un dialogue entre le passé et le présent.
L’eau en est le fil conducteur : elle traverse les territoires, les langues et les espèces, et sa présence dans les archives permet de percevoir comment ces relations prennent forme dans des contextes différents. Le résultat sera une pièce composée comme une constellation de fragments, chacun étant une unité autonome tout en faisant partie d’un ensemble plus vaste, qui ouvre une réflexion sur l’évolution du sentiment d’appartenance de l’humanité au monde naturel.
Née en Argentine en 1979 et installée aujourd’hui en Espagne, Ana Carucci est une artiste formée aux arts visuels, à la pratique interdisciplinaire. À travers des installations, des performances et des pièces éditoriales, elle explore le seuil entre l’étrange et le familier, le naturel et l’artificiel. Particulièrement attentive à la relation entre culture et nature, elle cherche à révéler de nouvelles couches de sens dans nos liens avec les espèces, les paysages et les objets, dans un travail inspiré par l’architecture des rêves, qui naît du jeu avec le langage et la mémoire des sens.
Elle a participé à des résidences en Argentine, en Espagne et en Allemagne, ainsi qu’aux programmes « O Cantar das Nascentes » et « Ouvir, Tocar e Imaginar o Barro Negro », tous deux accueillis par Binaural Nodar au Portugal. Son travail a été présenté notamment au Seanaps Festival et à 48 Stunden Neukölln (Allemagne), au Museo de Arte Moderno, au Museo MACBA, au Fondo Nacional de las Artes et au Centro de Arte Sonoro (Argentine), ainsi qu’au Rota Festival (Espagne).