Description :
Cette publication est le résultat d’un projet de recherche ethnographique à long terme mené par Binaural Nodar entre 2015 et 2017 auprès de la communauté portugaise de Várzea de Calde afin de documenter en détail toutes les étapes du cycle du lin et de réaliser plusieurs longs entretiens avec les principaux protagonistes de ce cycle : les tisserands de Várzea de Calde. Le village de Várzea de Calde recèle un secret millénaire qui constitue le thème de ce livre : un lien profond avec la culture, la transformation et le tissage du lin.
Cette plante « presque magique », dont les propriétés ont été découvertes et approfondies par les civilisations anciennes (Mésopotamie, Égypte antique, Grèce, Empire romain) et dont le savoir-faire a atteint le monde rural de la péninsule ibérique occidentale presque intact. Il ne faut pas considérer cela comme un détail mineur, mais plutôt comme une preuve supplémentaire de la valeur civilisationnelle que recèlent des villages en apparence anonymes.
Dans cette région, les conditions géomorphologiques du paysage (terres fertiles et abondamment arrosées, comme l’indique son nom : « várzea » ou plaine inondable), associées à une agriculture de subsistance qui existait encore il y a un demi-siècle, avec une économie basée sur l’autoculture et l’échange direct de biens ou de travail, impliquaient que les vêtements devaient également être produits localement au lieu d’être achetés.
Ce mode de vie a donné naissance à deux types distincts de culture vestimentaire : la laine de mouton pour les manteaux, les ponchos (comme les « capuchas » typiques ou les capes en laine) et les couvertures, et le lin pour les chemises, les sous-vêtements, les draps et les serviettes.