LA RESTANZA
Projection d’un documentaire et débat
Projection d’un documentaire et débat
Association culturelle des agriculteurs de Colognole
Pontassieve (Italie)
30 mai 2026
Pontassieve (Italie)
30 mai 2026
Il s’agit d’une initiative de La Leggera dans le cadre du projet « Creative Europe Tramontana IV ».
Le 30 mai, le documentaire « La Restanza : Histoires de montagne entre la Toscane et l’Émilie », réalisé par Francesco Tomé, a été présenté au public. Le réalisateur était présent lors de la projection et a participé à une discussion avec le public à l’issue de celle-ci.
Vito Teti, anthropologue calabrais, a inventé le terme « restanza », qu’il définit comme le droit à la fois de partir et de rester, afin de construire un nouveau sentiment d’appartenance à un lieu et à soi-même. Il affirme que la restanza donne le sentiment d’être à la fois enraciné et désorienté dans un lieu où l’on se sent protégé et revigoré.
À l’ère des migrations et de la nécessité de créer de nouveaux sentiments d’appartenance, la « restanza » est un phénomène contemporain. Ceux qui « restent » dans leur lieu d’origine et le vivent, le parcourent et l’interprètent au milieu d’un tourbillon de changements ont besoin d’un nouveau sentiment d’appartenance et de la création de nouvelles communautés. La pandémie, l’urgence climatique et les migrations à grande échelle modifient notre rapport à la mort, à l’espace et aux autres, et le besoin qui en découle de nouveaux modes de vie affecte aussi bien ceux qui partent que ceux qui restent. Aujourd’hui, les idéalisations superficielles et rhétoriques de la vie dans les petites villes abondent.
L’abandon brutal éradique les pratiques de mémoire et d’espoir chez ceux qui sont restés. La « restanza » touche les villes, les banlieues et les villages. Il ne s’agit pas d’une attitude passive ni d’un choix de facilité, mais d’un processus dynamique et créatif susceptible de régénérer à la fois le lieu et ses habitants.
Francesco Tomè, le réalisateur du documentaire, explore ce concept au cours d’un voyage à travers les hauts plateaux situés entre les Alpes apuanes et les Apennins toscans-émiliens, où certains choisissent de rester ou de partir, défiant l’abandon par amour pour les montagnes. Au milieu des rythmes lents, des travaux agricoles et du manque de services, la « restanza » devient un acte de résistance silencieux et radical. Un récit brut et sans fard qui donne la parole à ceux qui ont choisi la vie en haute altitude comme un bien commun qui mérite d’être défendu.